Benoit Milan et Soula Boscoupsios, les fondateurs de La Maison Fives

La Maison Fives · À propos de l’équipe

Deux parcours.
Une histoire commune.

Benoit Milan et Soula Boscoupsios sont les fondateurs de La Maison Fives, à Lille. Un couple et une équipe qui réunissent l’architecture, l’art, la céramique et l’entrepreneuriat pour créer des lieux où l’on aime séjourner.

5 chambres à LilleUn atelier de céramiqueUne histoire depuis Mons, vers 2000
Portrait de Soula Boscoupsios

Soula Boscoupsios

Architecture · Aménagement · Céramique

Belgo-grecque, née à Charleroi et diplômée en architecture à Mons, Soula a travaillé en Belgique, au Canada et en France. Elle conçoit et transforme les espaces, suit les projets jusqu’au chantier et développe aujourd’hui son travail de céramiste à La Maison Fives.

Portrait de Benoit Milan

Benoit Milan

Arts visuels · Entrepreneuriat · Communication

Formé aux arts à Tournai et à Mons, Benoit a évolué dans l’art contemporain avant de co-fonder Cirkwi et de participer à la création de Néo-Nomade. Il apporte aux projets du duo son regard artistique et son expérience des produits, du web et du développement d’activité.

La salle commune lumineuse de La Maison Fives, avec sa grande table en bois
À La Maison Fives, les espaces racontent aussi les parcours de ceux qui les ont imaginés.

Biographies & histoire commune

Le parcours, dans le détail.

De leur rencontre à Mons aux projets en cours à Lille, voici l’histoire de Benoit et Soula : leurs formations, leurs voyages, leurs entreprises et les lieux qu’ils ont transformés ensemble.

Le fil conducteur

Avant La Maison Fives, il y a les voyages. Une traversée de l’Europe en collectif jusqu’en Grèce, une exposition à Santiago du Chili, le désert d’Atacama et l’Amérique du sud. Puis deux mois en Californie, une année à Montréal, plusieurs années à Bruxelles, dont une à vivre sur un voilier. Plus tard viennent la Normandie, une propriété à transformer et trois mois en famille sur les routes du Canada et des États-Unis…

Benoit Milan et Soula Boscoupsios construisent leur histoire autour de cette envie de découvrir, de créer et de vivre des expériences ensemble. Lui vient des arts visuels et de l’art contemporain, avant de devenir entrepreneur dans le numérique. Elle est architecte, puis céramiste. Au fil des années, leur couple devient aussi une équipe, capable de concevoir un lieu, de le rénover et d’y développer une activité.

Aujourd’hui, ils réunissent ces expériences à La Maison Fives, dans le quartier de Fives Cail à Lille : cinq chambres pour les voyageurs, un atelier de céramique et un projet de comptoir café.

01 / Histoire commune

À Mons, la rencontre de deux parcours créatifs

Benoit et Soula se rencontrent autour de l’année 2000 à Mons en Belgique : ils ont une vingtaine d’années et étudient dans la même ville.

Originaire du Nord de la France, Benoit a suivi des études secondaires artistiques à Saint-Luc, à Tournai. Il poursuit sa formation pendant cinq ans à l’École supérieure des arts plastiques et visuels de Mons, au Carré des Arts, dans l’atelier de Jean-François Octave.

Soula, belgo-grecque née à Charleroi, étudie l’architecture à l’I.S.A.I.M., à Mons. Elle y obtient un diplôme de dessinateur en architecture, puis son diplôme d’architecture en 2005.

Dans cette ville étudiante, les écoles se croisent dans les soirées et les amitiés se prolongent dans des projets. Autour de Benoit et de son ami Frantz Gault se forme le collectif Un Paxilus dans la litière. Organiser des expositions, réunir des artistes et trouver des lieux pour montrer leur travail devient une activité à part entière.

Pour Benoit, c’est une première expérience de la création de projets collectifs : une idée doit trouver une équipe, des moyens et un public.

02 / Histoire commune

2003 : traverser l’Europe en collectif

En 2003, Benoit, Soula et leurs amis partent à travers l’Europe pour réaliser des reportages autour de l’élargissement de l’Union européenne.

Le parcours les conduit notamment en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Slovénie, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie, avec des étapes à Sarajevo et à Belgrade, avant de rejoindre la Grèce. Ils y passent aussi par le village dont la famille de Soula est originaire.

Le voyage associe photographie, vidéo, son et écriture. Les reportages sont transmis au fil des étapes et diffusés par Canal Sambre et L’Observateur. L’équipe apprend à travailler en mouvement, à rencontrer les habitants et à raconter les lieux à travers ceux qui y vivent.

Cette expérience annonce une manière de voyager qu’ils conserveront : prendre le temps, aller au-delà des visites et construire des liens avec les endroits traversés.

Retrouver les archives et les reportages du voyage européen de 2003.

Archives · Le départ du voyage européen, 2003 · Voir sur YouTube ↗

03 / Histoire commune

Bruxelles : les premières années professionnelles

Bruxelles occupe plusieurs années de leur histoire : après une colocation de Benoit à Koekelberg, le couple vit notamment dans un loft à Anderlecht, au cœur d’une ville où se croisent création artistique, architecture et rencontres internationales.

Avec Un Paxilus dans la litière, Benoit dispose pendant un an d’un atelier à Recyclart. Les expositions s’y succèdent, parfois à un rythme d’une tous les quinze jours. Le collectif produit, invite et expérimente.

Il travaille ensuite dans les galeries d’art contemporain, notamment chez Taché-Lévy, devenue Twig Gallery. Préparer les expositions, assister les artistes, installer les œuvres et participer aux foires devient son quotidien.

Soula commence son parcours professionnel à l’Atelier Espace Architectural Somers, à Bruxelles, puis travaille de 2006 à 2008 chez Jean-Marc Romain, à Charleroi. Elle participe à des projets de logements, de bureaux, de réhabilitation et d’aménagements extérieurs, depuis les dossiers de conception jusqu’au suivi des chantiers.

Chacun apprend ainsi à faire passer une intention à sa réalisation : une exposition pour Benoit, un bâtiment ou un aménagement pour Soula.

04 / Histoire commune

Paximobile : du collectif à Santiago du Chili

Le projet Paximobile conduit Un Paxilus dans la litière à Maubeuge, à Eupen, puis à Santiago du Chili.

Après une étape à Eupen en 2005, l’exposition est présentée en 2006 à la Galería Concreta du centre culturel Matucana 100, à Santiago. Elle réunit vingt artistes chiliens et vingt artistes européens. Frantz Gault et Benoit Milan en assurent le commissariat pour le collectif. Frantz se trouve alors au Chili dans le cadre d’un stage aux Nations Unies.

Pour ce petit collectif parti de France, l’événement représente un changement d’échelle : affiches et clips dans le métro de Santiago, vernissage devant un large public en présence d’une ambassadrice… L’exposition leur apporte une visibilité inédite.

Benoit reste environ un mois sur place pour travailler avec les artistes et participer au montage, avec des œuvres et du matériel acheminés par cargo depuis la Belgique, dont il faudra aussi organiser le retour.

Soula le rejoint pour quinze jours dans le nord du Chili, notamment dans le désert d’Atacama. Benoit traverse ensuite la cordillère des Andes en bus avec des participants européens de l’exposition pour passer une dizaine de jours à Buenos Aires, avant de revenir seul à Santiago pour le démontage.

Paximobile associe ainsi création, commissariat, logistique internationale et voyage. L’exposition figure encore dans les parcours d’artistes chiliens comme Leonardo Portus et Jorge Opazo, dont les notices sont conservées par le Musée national des beaux-arts du Chili.

05 / Histoire commune

Les galeries d’art : découvrir les coulisses et d’autres horizons

Pendant plusieurs années, Benoit évolue dans le milieu de l’art contemporain, à Bruxelles et à l’étranger. Il accompagne les galeries sur des foires comme Art Brussels et Art Basel, assiste des artistes et travaille à l’installation d’œuvres chez des collectionneurs.

Il est notamment assistant de l’artiste américaine Tracey Snelling. Sur les foires, il croise aussi des artistes de renommée internationale, comme Takashi Murakami, avec qui il échange brièvement. Les montages lui permettent de rencontrer les assistants et les équipes d’autres galeries, de découvrir leurs méthodes et les coulisses de cet univers.

Les installations le conduisent dans des maisons à Uccle, dans des villas à Notting Hill ou dans des appartements de l’avenue Montaigne à Paris.

Il découvre aussi des rapports à l’argent très éloignés de ceux qu’il connaissait. À Bâle, certains collectionneurs peuvent consacrer 70 000 euros à plusieurs achats au cours d’une foire. Dans les galeries où il travaille, il voit passer des œuvres d’Anish Kapoor vendues sur le marché secondaire à 700 000 euros.

Ces expériences élargissent sa perception des trajectoires possibles. Benoit a grandi dans une famille attachée au travail salarié : sa mère, d’abord caissière, reprend ses études à trente ans pour devenir institutrice, puis directrice d’école ; son père effectue sa carrière comme cadre chez Vallourec. Le parcours de sa mère lui donne un premier exemple de changement professionnel. Les galeries et les voyages lui font ensuite découvrir d’autres façons de travailler, d’entreprendre et de construire sa vie.

06 / Histoire commune

2008 : la Californie et l’envie d’entreprendre sur Internet

En septembre et octobre 2008, Benoit et Soula passent deux mois en Californie. Après une quinzaine de jours de voyage, ils s’installent environ un mois et demi à Oakland, dans le loft que Tracey Snelling leur prête pendant une résidence à Londres.

Les amis de Tracey les accueillent et leur font découvrir la vie locale, tandis qu’Oakland devient leur point de départ pour explorer San Francisco et sa baie, Berkeley, Stanford et la Silicon Valley.

À Palo Alto et à Mountain View, Benoit rencontre des entrepreneurs français. Après les collectifs et les projets artistiques, ces échanges rendent plus concrète l’idée de créer une entreprise sur Internet.

Le séjour compte autant pour ce qu’ils découvrent que pour la manière dont ils le vivent : rester assez longtemps pour prendre des habitudes, rencontrer des gens et se sentir temporairement chez soi.

07 / Histoire commune

Montréal : l’architecture pour Soula, l’apprentissage commercial pour Benoit

Après la Californie, ils partent vivre environ un an à Montréal.

Soula travaille dans l’agence d’architecture de Gilles Vergnolle. Elle est notamment chargée du projet du magasin Zone jusqu’à la soumission et intervient sur la restauration des façades du Centre de Jeunesse Batshaw. Elle participe également à la rédaction de devis et de cahiers des charges.

Au bout d’une quinzaine de jours, Benoit trouve un emploi dans la communication chez Téléfax Communication, devenue Alézi, aux côtés de Marcel Perazzelli.

Avec Marcel, son frère Valentin Milan et Frantz Gault, il participe à la création d’une agence de communication qui s’arrête après environ un an, mais marque durablement son parcours.

Venu du monde artistique, Benoit avait déjà envisagé des projets de création de sites internet sans avoir réellement appris à vendre ; Marcel lui fait découvrir la prospection, les appels aux clients et la nécessité de défendre soi-même son offre.

Une phrase lui reste : « Get the check. » Une idée et un produit doivent trouver des clients prêts à les acheter pour devenir une activité durable.

Montréal leur permet aussi de repartir régulièrement à New York, une ville que Benoit avait découverte lors d’un premier grand voyage en solo en 2001. Ils explorent l’État de New York, fréquentent les parcs naturels et louent des chalets. Les grandes villes et la nature prennent déjà une place complémentaire dans leur manière de voyager.

08 / Histoire commune

Le retour à Bruxelles : une famille, un voilier et de nouvelles entreprises

De retour en Belgique, Soula rejoint temporairement l’agence de Frédéric Haesevoets, de novembre 2009 à février 2010, puis travaille avec Laurent Quenon pour Liegeoisgroup Invest, de 2010 à 2013.

Elle y prend notamment en charge la transformation d’un immeuble de bureaux en maison de repos pour le groupe Noble Age, dans une mission complète allant de la conception à l’exécution.

Leur première fille, Maïa, naît à Bruxelles en 2010.

Pendant leurs années bruxelloises, ils réalisent aussi un projet qui leur tenait à cœur : acheter un voilier et y vivre pendant un an, avec leur bébé. Benoit a passé une partie de son enfance et de ses étés à naviguer avec ses parents le long des côtes françaises. Soula découvre à ses côtés ce goût de la voile.

Ils naviguent notamment aux Pays-Bas, puis revendent le bateau sans avoir concrétisé le grand départ envisagé, heureux d’avoir partagé en famille cette autre manière d’habiter.

C’est également à cette période que les premières entreprises numériques prennent forme.

09 / Histoire commune

Cirkwi : de la création artistique au tourisme numérique

Le projet Cirkwi commence en juillet 2010. La société est officiellement créée en janvier 2011 par Benoit Milan, Valentin Milan et Frantz Gault.

L’entreprise développe des outils consacrés à la découverte des territoires : itinéraires, promenades, randonnées et contenus touristiques.

Valentin, le frère de Benoit, est un développeur passionné qui aime chercher, inventer et construire les solutions techniques donnant forme aux idées. Sa créativité complète celle de Benoit, issue des arts visuels et des projets collectifs ; avec Frantz, ils réunissent les compétences nécessaires au lancement et au développement de Cirkwi.

Benoit dirige l’entreprise durant sa première phase de croissance et assure la présidence de la SAS jusqu’en 2020. Il travaille sur les produits, leur présentation et le développement de l’activité. Il passe progressivement le relais, notamment à Sylvain Caucheteux, puis quitte ses fonctions opérationnelles en 2023.

Il reste actionnaire de Cirkwi.

En 2026, l’entreprise est dirigée par Manon Lorang, arrivée en 2011 comme première salariée extérieure à l’équipe fondatrice. Elle a succédé à Sylvain Caucheteux, parti en 2023.

Cirkwi poursuit son développement avec une équipe, une activité rentable et des produits utilisés chaque année par des millions d’utilisateurs, ainsi que par de nombreux offices de tourisme.

L’Islande et le CES : voyager aussi pour raconter l’entreprise

Le voyage garde une place dans cette aventure professionnelle.

En novembre 2019, Benoit fait le tour de l’Islande avec Frantz Gault et Jean-Yves Delfosse pour un road trip consacré à la communication de Cirkwi. Ils filment et racontent leurs étapes, renouant avec l’esprit des premiers projets du collectif : partir ensemble, produire sur place et partager les découvertes.

Voir la série de vidéos du voyage en Islande.

Carnet de route · Islande, novembre 2019 · Voir sur YouTube ↗

En janvier 2020, Benoit se rend avec Sylvain Caucheteux au CES de Las Vegas. Ils documentent le salon, les innovations et les rencontres.

Le déplacement se termine par une escapade improvisée à Pioche, dans le Nevada, un village choisi sur une carte : après Las Vegas et les technologies du CES, ils découvrent une autre Amérique.

Voir les premières images du CES 2020.

Cirkwi au CES · Las Vegas, janvier 2020 · Voir sur YouTube ↗

10 / Histoire commune

Néo-Nomade : une autre aventure entrepreneuriale

Parallèlement à Cirkwi, Benoit et Valentin participent à l’aventure LBMG / Néo-Nomade, aux côtés notamment de Frantz Gault, Nathanaël Mathieu et Baptiste Broughton.

Cofondateur et associé dès l’origine, Benoit contribue au lancement avant de concentrer son activité professionnelle sur Cirkwi, tandis que Frantz s’implique davantage dans le développement quotidien de LBMG et de Néo-Nomade.

En 2023, Néo-Nomade est rachetée par Worklib. Cette réussite repose sur le travail de ses dirigeants et de ses équipes, auquel Benoit a été associé comme cofondateur et actionnaire minoritaire.

La cession permet à Benoit et Soula de prendre du recul, de changer de rythme et de choisir les projets auxquels consacrer leur temps.

11 / Histoire commune

Du Nord à la Normandie : le parcours d’architecte de Soula

Après Bruxelles, Soula poursuit son activité dans le nord de la France.

En 2013, elle porte un projet complet d’extension d’habitation au sein de la coopérative Toerana Habitat. Elle travaille également chez Sites Architecture, à Arras, sur des études et des permis de construire pour des établissements scolaires, médicaux et des projets de particuliers.

Le couple s’installe ensuite en Normandie, d’abord dans le secteur de Putanges-Pont-Écrepin et d’Argentan.

À partir de 2014, Soula exerce en indépendante en Normandie, où elle réalise des rénovations et des extensions ainsi que des dossiers complets d’accessibilité pour les commerces et les établissements recevant du public, une part importante de son activité à cette période.

De 2017 à 2022, elle travaille également pour Clemillet International, avec des missions de suivi de chantiers de ravalement de façades de copropriétés, notamment sur la côte normande. Elle développe ensuite son activité indépendante, d’abord en autoentreprise puis en SASU, et accompagne des projets de maisons et de réhabilitation.

Son métier couvre ainsi toutes les étapes d’un projet : concevoir, dessiner, préparer les dossiers, organiser et suivre la réalisation. Ses formations complémentaires portent notamment sur le bâtiment durable, la performance énergétique, la construction en bois et en terre.

Leur deuxième fille, Lorette, naît à Saint-Lô en 2016.

12 / Histoire commune

La Maison Folia : neuf ans pour transformer un lieu

En 2016, Benoit et Soula achètent une propriété à rénover à Hauteville-sur-Mer, dans la Manche, près d’Agon-Coutainville et du havre de la Sienne.

À moins de dix minutes de la plage, le lieu réunit plusieurs bâtiments sur un hectare et demi de terrain, une rivière et une vue dégagée sans vis-à-vis ; dès l’achat, ils souhaitent y accueillir des voyageurs.

La propriété deviendra La Maison Folia.

Pendant neuf ans, en parallèle de leurs activités professionnelles, ils transforment les bâtiments et le terrain : plus de cinquante arbres plantés dans l’ancienne pâture, une ancienne boulangerie réhabilitée et de nouvelles ouvertures.

Ils aménagent quatre chambres et quatre salles de bain, une grande cuisine, un salon et une vaste terrasse exposée plein sud. Ils créent un parking à l’entrée, installent un assainissement par filtres plantés de roseaux, rénovent le hangar et avancent la transformation d’un bâtiment supplémentaire.

Les plans et les choix se font à deux. Soula apporte son expérience de l’architecture et des chantiers ; Benoit, son regard artistique, son approche des usages et ses compétences entrepreneuriales. Tous deux participent concrètement aux travaux.

La Maison Folia devient un lieu d’accueil autant qu’un projet de transformation. Ils y apprennent à associer aménagement, hospitalité, communication et gestion d’une activité touristique.

La propriété est vendue en 2025. Après les travaux, les frais et les années de travail investies, cette vente dégage un capital qui leur permet de financer la suite de leur parcours.

13 / Histoire commune

2023 : changer de rythme et retrouver du temps

La vente de Néo-Nomade en 2023 ouvre une période de transition.

Benoit achève son retrait opérationnel de Cirkwi. Soula commence à se tourner vers la céramique, tout en poursuivant ses dernières activités d’architecture jusqu’en 2024.

Benoit rejoint aussi, pendant six mois, une équipe de sauvetage en mer et suit des formations. Il ne poursuit pas le parcours jusqu’à son terme, mais garde de cette expérience le souvenir d’un engagement collectif dans un environnement qu’il connaît depuis l’enfance.

Le couple retrouve surtout le temps de voyager, de Marrakech à la Grèce, où les liens familiaux les ramènent régulièrement, avant de repartir avec leurs filles pour un grand séjour en Amérique du Nord.

Trois mois en Amérique du Nord avec Maïa et Lorette

De novembre 2023 à janvier 2024, la famille part trois mois au Canada et aux États-Unis.

Après une vingtaine de jours à Montréal, puis autant à New York où ils passent Noël, ils descendent la côte Est en voiture : la région amish de Pennsylvanie, Washington, la Caroline du Nord, puis la Floride, avec une vingtaine de jours à Miami.

De retour au Québec, ils passent plus d’une semaine dans un chalet isolé au bord d’un lac, dans un parc national.

Pendant le voyage, Maïa et Lorette suivent l’école à distance. Le séjour permet de leur transmettre une manière de découvrir le monde : prendre le temps de vivre quelque part, marcher, courir, explorer et alterner les grandes villes avec des endroits beaucoup plus retirés.

Leurs sorties filmées en courant à New York, à Montréal et à Miami gardent une trace du voyage à hauteur de rue.

Découvrir les vidéos de course à pied, notamment à New York et à Montréal.

Les voyages en courant · La série RUN · Voir sur YouTube ↗

14 / Histoire commune

Pourquoi Lille et Fives Cail ?

Après neuf années près de la mer en Normandie, Benoit et Soula souhaitent se rapprocher de leur famille et retrouver la ville. Ils redécouvrent Lille en rendant visite à des amis et apprécient son énergie, sa végétalisation et la place du vélo : un quotidien plus actif, moins dépendant de la voiture, proche de la Belgique et des grandes liaisons européennes. La présence de voyageurs de loisirs et de professionnels offre aussi la perspective d’une activité d’accueil toute l’année.

À Fives Cail, les anciennes halles abritent déjà la Brasserie Fives Cail, un food court, une école de design et le lycée hôtelier international. Un grand parc, une piscine annoncée pour 2027 et les futurs ateliers de Méert, avec un espace ouvert au public, prolongent cette transformation. Découvrir la reconversion de Fives Cail. · Le projet Méert présenté par la Ville de Lille.

Les ateliers d’artistes, les galeries et le mélange d’habitants de longue date, de nouveaux arrivants, d’étudiants et de créateurs leur rappellent le Design District de Miami et surtout Brooklyn, où ils ont souvent séjourné. Ce patrimoine industriel mêlé à une vie populaire et créative, à quelques stations du centre, les séduit : s’y installer en 2025, c’est participer aux débuts d’un quartier encore peu connu des visiteurs.

Ce retour ouvre aussi une nouvelle étape pour leurs filles : Maïa étudie la photographie à Saint-Luc, à Tournai, avec l’envie de travailler dans le cinéma et de poursuivre ensuite ses études à Paris.

Fives Cail · Les anciennes halles réinvesties par la vie culturelle.
Fives Cail · Les anciennes halles réinvesties par la vie culturelle.

15 / Histoire commune

La Maison Fives : un projet à deux

En 2025, ils achètent un ensemble immobilier d’environ 230 m² à l’angle d’une rue de Fives Cail et y réalisent une grande partie des travaux. Ils aménagent cinq chambres avec cinq salles de bain pour les voyageurs, tandis que le bâtiment attenant préserve leur intimité avec trois chambres familiales et une salle de bain à l’étage. Les deux anciens garages, ouverts sur la rue par des vitrines, accueillent l’atelier de céramique et le futur comptoir café.

Comme à La Maison Folia, les plans, les matériaux et les aménagements se décident à deux : Soula apporte son expérience des volumes, des circulations et des chantiers ; Benoit, sa culture artistique et sa maîtrise de la communication, du web et du référencement. Ils recherchent des lieux qui marquent dès l’entrée et restent confortables au quotidien. Ce travail commun s’est aussi construit au fil des discussions, des tensions et d’une écoute plus attentive du regard de l’autre.

Issus de familles modestes — une famille immigrée grecque pour Soula, une famille du Nord de la France attachée au travail pour Benoit —, ils ont bâti leurs projets sans héritage, entre tentatives interrompues, rencontres décisives et réussites collectives. Les moyens réinvestis de leurs précédentes aventures financent l’acquisition sur fonds propres, avec un emprunt pour une partie des travaux, et leur permettent de se consacrer à La Maison Fives.

La Maison Fives · Le bâtiment d’angle, photographié en 2025.
La Maison Fives · Le bâtiment d’angle, photographié en 2025.

En septembre 2026, Le Figaro Voyage retient La Maison Fives parmi dix hôtels où dormir pendant la Braderie de Lille, alors que l’établissement est récent et qu’aucune campagne de presse n’a été engagée. Les retours des premiers visiteurs et la fréquentation confortent le projet. Lire la sélection du Figaro.

La Maison Fives · Le salon-bibliothèque.
La Maison Fives · Le salon-bibliothèque.

16 / Histoire commune

La céramique, le comptoir et la suite

Soula poursuit son travail sur les formes, la matière et les objets du quotidien au sein de l’atelier de La Maison Fives. Le projet prévoit un comptoir café et thé avec vente de céramique en 2027, puis une offre autour de la spanakopita en 2028, en lien avec ses origines et leurs séjours réguliers en Grèce. En 2026, les aménagements et les démarches d’ouverture au public sont en cours pour faire de cet espace un lieu de rencontre à l’échelle du quartier.

À un horizon d’environ quatre ans, ils souhaitent constituer une équipe et lui confier progressivement une part du fonctionnement quotidien. Leur étage familial pourrait devenir un hébergement autonome avec cuisine, en complément des cinq chambres, dans un projet de petit hôtel dont la configuration reste à préciser.

Ils souhaitent conserver La Maison Fives tout en retrouvant la liberté de séjourner ailleurs et de créer d’autres projets : poursuivre l’aventure de l’accueil, avec des collaborateurs qui y prennent une place croissante.