TRIPOSTAL — « ÉCLATS DU RIRE ! », L’ART CONTEMPORAIN SE PREND AU JEU

On aime les expos d’art contemporain. Celles qui nous surprennent, qui nous font discuter après, et parfois celles devant lesquelles on n’est pas tout à fait d’accord. On garde notamment un très bon souvenir de l’exposition consacrée aux collections du Centre Pompidou au Tripostal. Alors forcément, avec un titre comme « Éclats du rire ! », on regarde ce qui arrive ensuite.

On n’a pas encore visité celle-ci, mais on compte bien y aller très vite. L’art contemporain qui s’autorise un peu de légèreté, ça nous parle.

Daniel Firman, Gravité (2000)
Daniel Firman, Gravité, 2000. © Adagp, Paris. © photographe Freddy Le Saux – Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine. Kit presse lille3000.

L’humour sur les trois niveaux du Tripostal

Du 9 octobre 2026 au 3 janvier 2027, lille3000 réunit au Tripostal des œuvres issues des collections des 22 Frac, les Fonds régionaux d’art contemporain. L’exposition, conçue par Caroline David, aborde l’humour sous plusieurs formes : l’autodérision, les jeux de langage, le détournement d’objets ou encore la satire.

On y retrouve notamment Daniel Firman, John Giorno, Annette Messager, Maurizio Cattelan et ORLAN. Des artistes aux univers très différents, réunis autour de cette capacité de l’art à déplacer un peu les choses : une image, un geste, un objet familier prennent soudain un autre sens.

Les trois niveaux passent de l’artiste qui se met lui-même en scène aux détournements des codes de l’art, puis à une lecture plus politique de la société. Le rire peut donc être léger, mais aussi plus grinçant. Le titre donne le ton ; il ne dit pas encore tout ce qui se trouve derrière.

John Giorno, Prefer Crying in a Limo to Laughing on a Bus (2017)
John Giorno, Prefer Crying in a Limo to Laughing on a Bus, de l’ensemble (Sans titre), 2017. Collection Frac Bretagne. © John Giorno. Crédit photographique : Galerie Almine Rech – Frac Bretagne. Kit presse lille3000.

« Trop mignon ! », « Éclats du rire ! »… les musées ont le sens du titre

Ce qui nous amuse aussi, c’est la façon dont ces expositions sont nommées. Au Louvre-Lens, en ce moment, c’est « Trop mignon ! L’art du bonheur ». Le mignon, le cute, le kawaii : on est en plein dans les codes visuels du moment, ceux qui circulent sur les réseaux, entre les générations et un peu partout dans la création.

Au Tripostal, « Éclats du rire ! » reste un peu plus sage. On n’est pas à « Mort de rire », encore moins à « LOL », mais on n’est pas complètement loin de cette façon très directe d’annoncer la couleur. Le titre parle à tout le monde avant même qu’on sache quels artistes sont exposés.

On trouve ça plutôt bien. Ces mots familiers donnent une porte d’entrée à des expositions qui pourraient, présentées autrement, sembler réservées aux habitués. Ils peuvent accrocher un public plus jeune, mais aussi tous ceux qui ne se sentent pas forcément à leur place dans un musée.

Et ça nous intéresse de voir ce qui se passe une fois la porte franchie. Parce qu’un titre dans l’air du temps attire l’attention ; les œuvres, elles, ont encore beaucoup de choses à raconter.

Ouvrir plus largement, et aller un peu plus loin

Ça pose aussi une question intéressante. L’art contemporain garde une image parfois élitiste, avec ses codes, ses références et un vocabulaire qui peut laisser du monde à distance. Un titre accueillant peut aider à franchir cette première marche.

Mais aujourd’hui, les images et les idées circulent partout. Sur les réseaux sociaux, on croise chaque jour de la photographie, du dessin, des performances, des montages, des objets transformés. Tout ne relève pas de l’art contemporain, évidemment. Cela nous habitue tout de même à des formes visuelles et à des décalages qu’on rencontrait autrefois moins facilement hors des lieux d’exposition.

C’est aussi pour ça qu’on attend quelque chose au-delà d’un thème séduisant. Qu’une exposition parte d’une idée accessible, puis qu’elle l’emmène ailleurs. Qu’on puisse sourire devant une œuvre et continuer à y penser après.

Une exposition temporaire peut donner envie de pousser la porte d’un musée pour la première fois. Puis d’y revenir, de découvrir ses collections permanentes, de s’intéresser à un artiste qu’on ne connaissait pas. On aime bien cette idée : venir pour un titre qui intrigue et repartir avec un intérêt auquel on ne s’attendait pas.

Pour savoir comment « Éclats du rire ! » tient cette promesse, il faudra qu’on y aille. Pour l’instant, l’envie est là. Et c’est déjà une bonne raison de prévoir un passage à Lille.

Éclats du rire ! au Tripostal : les infos pratiques

  • Dates : du 9 octobre 2026 au 3 janvier 2027.
  • Lieu : Le Tripostal, 22 avenue Willy Brandt, près de la gare Lille-Flandres.
  • Horaires : du mercredi au dimanche, de 11 h à 18 h ; le jeudi jusqu’à 20 h.
  • Fermeture : lundi et mardi.
  • Tarifs : 12 €, tarif réduit 8 €, gratuit pour les moins de 18 ans. Billetterie et conditions officielles.

Depuis La Maison Fives, retrouvez le trajet jusqu’au Tripostal sur Google Maps.

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